Héritière d'une lignée du Djurdjura, je perpétue depuis vingt-cinq ans la voyance berbère que ma grand-mère m'a transmise — sans livre, sans école, par la voix et le geste.
Je suis née dans un petit village accroché aux flancs du Djurdjura, ce massif kabyle où la pierre et le ciel se touchent. Mon prénom, Tiziri, signifie « clair de lune » en tamazight — un nom donné par ma grand-mère, qui disait avoir vu la lune dans mes yeux le soir de ma naissance.
L'enfance kabyle, dans ces villages-là, est rythmée par les saisons, les fêtes et les histoires que se racontent les femmes au coin du feu. C'est là, dans ces récits, que la voyance commence : pas dans un cabinet, pas dans un livre. Dans le tissu même de la vie quotidienne.
Ma grand-mère — Yemma Hadda, comme on l'appelait au village — était voyante avant moi. Sa propre mère l'avait été avant elle. Dans la Kabylie traditionnelle, ce don ne se choisit pas : il se reconnaît, il se transmet, et il se garde.
Dès mes neuf ans, elle a commencé à me montrer. D'abord sans rien dire : je l'observais battre les cartes héritées, lire la tasse retournée, tracer du doigt des signes tifinagh sur le pan de sa robe. Puis elle s'est mise à m'expliquer — pas avec des mots savants, mais avec des images, des dictons, des comparaisons que seule l'enfance comprend.
« Une carte ne ment pas, m'a-t-elle dit un jour. Mais celle qui la lit, oui. Alors apprends à te taire avant d'apprendre à parler. »
Cette leçon-là, je ne l'ai jamais oubliée. C'est elle qui guide encore aujourd'hui chacune de mes consultations.
Une carte ne ment pas. Mais celle qui la lit, oui. Alors apprends à te taire avant d'apprendre à parler. — Yemma Hadda, ma grand-mère
J'avais trente ans quand j'ai quitté le village. La vie m'a portée jusqu'en France, où j'ai d'abord travaillé comme tant d'autres — sans parler de mon don à personne. La voyance, en Kabylie, est une affaire intime ; on ne s'en sert pas comme d'un métier qu'on affiche.
Mais les choses se sont faites d'elles-mêmes. Une voisine d'abord, puis une amie, puis une amie d'amie. Toujours ce même mot : « on m'a dit que tu voyais ». Au bout de quelques années, j'ai accepté ce que ma grand-mère savait depuis longtemps : ce don n'était pas pour moi seule. Il devait servir.
C'est ainsi que je suis devenue voyante kabyle à part entière, en France. Pas par calcul, pas par stratégie : par la force des choses, et par fidélité à celle qui m'a tout appris.
Je consulte exclusivement à distance, par téléphone. Cela peut surprendre — beaucoup pensent qu'il faut être en face — mais la voyance kabyle a toujours su voyager. Ma grand-mère lisait pour des cousines installées au Maroc à partir d'un simple prénom et d'une date de naissance. Le lien ne tient pas à la pièce où l'on se trouve, mais à l'attention qu'on y met.
Pour chaque consultation, j'utilise les supports reçus en transmission : la fal (cartomancie héritée), la lecture du marc de café, et l'interprétation des symboles amazighs. Selon votre question, je choisis le support qui parlera le mieux.
Je ne fais ni magie, ni rituels payants, ni promesses extravagantes. Je lis ce que les supports me montrent et je vous le restitue avec autant de clarté que possible — quitte à dire ce qu'on n'a pas envie d'entendre. C'est le pacte de la voyance kabyle.
Une voyante honnête se reconnaît à ce qu'elle accepte de ne pas faire.
Je vous écoute, dans la tradition que ma grand-mère m'a transmise. Une parole honnête, sans détour.
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